Forza Horizon 6 ne nous a pas encore révélé tous ses secrets et le test définitif devra attendre. Son contenu est désormais scindé en deux progressions distinctes, l'une permettant de découvrir le Japon et l'autre d'atteindre un endgame prometteur avec une zone inaccessible sans avoir atteint le statut de Légende, ce qui demande plus que la grosse trentaine d'heures que j'ai déjà passées sur les pistes visiblement. Sans oublier son système de saisons dynamiques et de récompenses qui ne sera lancé qu'à partir de la sortie du jeu. Difficile donc de se forger un avis complet, il nous faudra encore quelques heures pour statuer définitivement sur sa note. Néanmoins, qu'on se le dise tout net, Forza Horizon 6 est excellent et gigantesque, et ça n'est en soi pas une surprise.

Forza Horizon 6 doit séduire, fédérer et encore séduire. Il donne tout et lâche les chevaux en répondant aux demandes et aux attentes des fans de la première heure, tout en faisant rutiler ses plus beaux bolides sur la piste pour attirer de nouveaux pilotes avec une collection qui frise l'indécence. Et pour mettre en scène ce qui est sans doute le plus grand Festival à ce jour, quoi de mieux que de choisir une destination qui vend du rêve à tout le monde ?

Forza Horizon 6 met le cap au Japon !

Difficile de faire mieux pour tout amateur de grosses cylindrées que de déposer ses valises dans un pays qui dégouline d'amour pour le sport auto. Le pays du soleil levant sait peut-être faire crisser la gomme comme personne, mais c'est aussi un véritable lieu de culte pour les amateurs de geekeries en tout genre. Sa (pop) culture, son histoire, sont désormais ancrées dans les mœurs de toute une génération. C'est the place to be pour les amoureux d'animés et de jeux vidéo. En clair, le pays fait rêver presque plus que nul autre.

Forza Horizon 6 a peut-être trouvé là l'occasion de toucher un nouveau public, des joueuses et des joueurs qui étaient jusqu'ici à deux doigts de franchir le pas sans trouver l'argument qui les ferait basculer. Et ça tombe plutôt bien, puisque ce Forza a vraiment tout fait pour réussir sa vaste opération séduction. Il parlera à tout le monde, ou presque. Les allergiques aux sports mécaniques ne trouveront toujours pas pneu à leur jante, mais pour les autres, c'est déjà une affaire qui roule, ce sera même gagné dès la grille de départ.

Forza Horizon 6 ©Jeremy.H
Tokyo de nuit ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Dès l'annonce de sa destination, Forza Horizon 6 avait marqué des points. Le Japon était fermement attendu et c'est désormais une réalité. Comme à son habitude, la série n'y a pas été de main morte pour offrir un monde ouvert à la fois immersif, intéressant et crédible. S'il n'est pas question de tout rendre à l'échelle 1:1, le jeu a bel et bien reconstitué des parties marquantes de l'archipel, notamment sa métropole, Tokyo, cœur battant du Japon moderne. La ville est là avec certains de ses lieux iconiques, comme le carrefour de Shibuya, la Tour de Tokyo, la fameuse tour rouge et blanche ou encore ses parcs semblables au Hama-Rikyū, mais aussi ses ruelles étriquées, comme étouffées par les petits commerces et leurs panneaux colorés.

Les séries Yakuza et Persona nous avaient déjà pleinement immergé, Forza Horizon 6 le fait aussi à sa manière. Il se passe seulement de quelques détails et réduit sa population au minimum pour les besoins du Festival, mais aussi et surtout pour vous permettre de rouler à toute vitesse sans que cela ne se transforme en Carmageddon. D'ailleurs l'inquiétude de certains selon laquelle le trafic était inexistant n'a pas lieu d'être. Le monde ouvert est suffisamment peuplé pour être vivant, mais on a assez de place pour rouler sans avoir besoin de faire la queue aux feux. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit avant tout d'un jeu de course et non d'une simulation de circulation en métropole.

Un saut dans la région de Tokyo dans FH6 ©Jeremy.H
La distance d'affichage est assez dingue ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Entre arcade et simulation light, les sensations de conduites sont excellentes

Encore heureux qu'il est possible d'avaler le bitume sans regarder les panneaux, auquel cas on n'aurait jamais pu pleinement profiter des quelque 550 voitures proposées, provenant de constructeurs de tous les horizons (Acura, Ford, Dodge, Nissan, Toyota, Renault, Lamborghini, etc.). Oui, c'est un chiffre absolument gigantesque, qui frôle l'indécence pour un lancement et ça a au moins autant d'avantages que d'inconvénients. On se retrouve très rapidement envahis de dizaines de voitures différentes. Quand bien même elles sont divisées en plusieurs types (rally, drift, drag, sportive, berline…), en plus de posséder un rang de puissance (de D à R), on ne sait plus quoi en faire. Une fois n'est pas coutume, les véhicules sont plus une attraction qu'une réelle récompense. Difficile de s'attacher à son bolide lorsqu'on gagne celui-ci à la machine à sous sans forcer. Il est même possible de piloter dès le départ des voitures d'exception, même si l'on ne peut finalement pas les utiliser lors des courses, ces dernières étant sujettes à restriction pour les besoins de la nouvelle progression.

On se retrouve alors rapidement avec un garage qui nous dépasse complètement. Le collectionneur fou sera ravi, l'amateur de réglages n'en aura rien à faire et se contentera d'optimiser une ou deux voitures par catégorie, tandis que ceux qui recherchaient la sensation grisante de la récompense seront certainement déçus de voir tout leur tomber dans la main sans trop d'effort. Le plaisir se trouvera néanmoins ailleurs puisqu'il sera possible de piloter ce que bon nous semble, la plupart des voitures étant parfaitement viables pour peu que l'on dépense quelque milliers de crédits pour les améliorer. On prend aussi naturellement son pied lors de la conduite elle-même.

Forza Horizon 6 ©Jeremy.H
Un bref aperçu du garage ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Ça a toujours été une force de Forza Horizon, de conjuguer l'accessibilité de l'arcade à des sensations empruntées du côté de la simulation, sans jamais pleinement s'enfoncer dans l'un ou dans l'autre des genres. Un gameplay entre-deux parfaitement maîtrisé une fois de plus et qui peut d'ailleurs s'adapter selon les profils. Automatiquement, Forza Horizon 6 optimisera des profils IA, les fameux Drivatar, adaptés à vos propres performances et vous proposera même de les moduler s'il se rend compte que c'est trop facile ou trop difficile pour vous. Vous pouvez évidemment outrepasser ça en gérant chaque aspect de la conduite et des aides manuellement. Peu importe votre niveau, vous trouverez du plaisir en jouant et ça, c'est le signe d'un jeu parfaitement réussi. Que vous soyez un adepte des grosses simulations, un vétéran de la licence ou un simple amateur en quête de sensations agréables, vous ne serez pas déçus du voyage.

Un très gros travail a évidemment été fait du côté du comportement de chaque voiture en fonction de ses paramètres (réglables également) et de ses améliorations. L'inertie est même un poil plus agréable que sur Forza Horizon 5 qui proposait déjà d'excellentes sensations de conduite. Forza Horizon 6 vous forcera à avoir les bonnes méthodes pour remporter la première place, ce qui veut dire savoir gérer ses freinages, ses accélérations et ses trajectoires, sans pour autant demander un comportement exemplaire sur la piste comme dans une simulation poussée. Évidemment, les mauvais coups de volant seront plus ou moins pénalisants en fonction de la difficulté, mais globalement c'est permissif et surtout à la portée de n'importe quel type de joueurs.

©Jeremy.H
Sur piste, off road, rallye... les courses sont encore une fois hyper variées ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Forza Horizon 6 est superbe et sait mettre ses bolides en valeur

L'amour de la mécanique est poussé à son paroxysme lorsque l'on commence à s'intéresser aux détails. Playground Games et Turn 10 ont une fois de plus mis le paquet pour que l'immersion soit totale et surtout que Forza Horizon 6 conserve le titre de vitrine technique de son aînée. Inutile de tortiller davantage, les premiers aperçus du jeu avaient déjà vendu la mèche, c'est absolument sublime. La modélisation des véhicules est à tomber et même s'ils sont en grand nombre, ils ont tous été chouchoutés, de la petite Honda Civic, à l'hypercar, en passant par les légendes du rallye. Il n'y a pas une voiture mieux lotie que l'autre, et ce jusque dans le design sonore. Les moteurs ronronnent et s'adaptent en fonction de plusieurs facteurs. Changer le pot d'échappement, le turbo ou encore une soupape chantera une autre chanson lorsque l'on appuiera sur l'accélérateur. C'est un vrai travail d'orfèvre, et lorsqu'on voit la taille du chantier, même si les studios sont rôdés, c'est toujours impressionnant.

Forza Horizon 6 va même encore plus loin cette fois puisque la personnalisation, pourtant déjà poussée, a été encore améliorée par rapport aux précédents épisodes. D'un point de vue purement cosmétique, on retrouve encore un éditeur de livrée incroyablement permissif qui ajoute désormais la possibilité de mettre des décalcos directement sur les vitres de nos voitures. Une fonctionnalité demandée depuis la nuit des temps.

Forza Horizon 6 et ses montagnes ©Jeremy.H
Les environnements sont mine de rien très variés ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Un point d'honneur a également été mis à rendre chaque kit personnalisé unique aux voitures, là où il était quelque peu générique par le passé et dénotait parfois un peu. Ici donc, on a le droit à des bas de caisse adaptés, des jupes au poil ou encore des ailerons qui dessinent parfaitement l'arrière des véhicules. Notez toutefois que toutes les voitures ne disposent pas nécessairement de tel kit, qu'il soit signé de la main du studio sous l'appellation Forza, ou d'un professionnel existant dont le travail a été adapté dans le jeu, à l'instar de Rocket Bunny.

Encore une fois toutes les livrées peuvent évidemment être partagées en ligne, l'aspect communautaire étant une fois de plus au cœur de l'expérience, et c'est aussi vrai pour les réglages personnalisés. On s'attend déjà à ce que les fans s'en donnent à cœur joie avec tous les outils mis à leur disposition. Des éditeurs qui s'étendent d'ailleurs maintenant au garage, entièrement personnalisable, dont les possibilités sont infinies. De même, on pourra mettre la main sur une habitation dotée d'un vaste espace où l'on pourra construire ce que bon nous semble. Un jardin, un circuit, un environnement atypique avec des dinosaures… là encore, l'outil est puissant et offre une liberté assez dingue.

La personnalisation de Forza Horizon 6 est remarquable ©Jeremy.H
La personnalisation est une fois de plus très poussée et bien mieux optimisée ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Le plus grand Festival Horizon de tous les temps ?

Forza Horizon 6 est d'une extrême générosité, c'est peut-être même l'épisode le plus fourni dès son lancement, et l'on n'a même pas fini d'en faire le tour. Impossible de s'ennuyer, il y a toujours quelque chose à faire. Et s'il est parfois difficile de savoir où donner de la tête, on ne boudera pas son  plaisir à faire chauffer la gomme dans les rues de Tokyo, de nuit comme de jour, ou de profiter des routes de campagne pour faire quelques drifts sous les sakuras, ou des donuts devant certains temples, sans avoir besoin d'aucune raison. Du plaisir à l'état pur.

C'est d'autant plus vrai que la taille de la carte et sa grande variété sont une invitation au voyage et à la découverte. Elle nous fait voir toutes les couleurs de l'archipel, ses reliefs et ses ambiances bien distinctes qui se marient habilement avec les différentes disciplines disponibles (rallye, offroad, course sur route, circuits parfois lunaires, etc.).

Forza Horizon 6 n'oublie pas pour autant sa folie, son Festival coloré et ses mises en scène grandiloquentes. La séquence d'ouverture, menée tambour battant et grisante à souhait, suffira à elle seule à vous mettre dans le bain en vous décrochant un rictus le plus naturellement du monde. C'est survitaminé et les épreuves phares du Festival seront dans la même veine. Vous avez déjà pu en avoir un aperçu si vous avez jeté un œil aux différentes présentations : course contre un mécha gigantesque, hommage aux plus beaux Gymkhana, folie à toute vitesse en dévalant les montagnes enneigées… la liste est longue et l'on ne s'ennuie jamais.

Forza Horizon 6 et son Warthog ©Jeremy.H
Le Warthog de Halo est de la partie comme dans Forza Horizon 5 ! ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Ce jusqu'au-boutisme, signature de la série, ne dépaysera pas les fans de la première heure et assure toujours autant le spectacle. Je regrette toutefois que les pistes naturelles ou sur routes soient trop souvent sacrifiées au profit de constructions artificielles avec des pans complets de routes préfabriquées, de tremplins et tout ce qui va avec. Le hic, c'est que l'on trouve ça bien souvent dans la vaste playlist de circuits classiques, ceux que l'on doit faire à la chaîne pour remporter des points et accéder aux épreuves du Festival. La sensation de faire des circuits créés par la communauté prend parfois le dessus et c'est un peu dommage, surtout lorsqu'on a une carte aussi grande et généreuse en tracés.

Les courses se comptent par centaines, les défis en tout genre pullulent sur la carte au point de littéralement saturer la carte d'informations. Chrono de Time Attack, Radar, Sauts, zones de Drift… les habitués seront à la maison. Ce qui va réellement changer finalement, c'est la manière dont Forza Horizon 6 aborde ses différentes activités. Tout le système de progression a été revu pour offrir un sentiment d'avancée quelque peu différent, peut-être un poil plus classique ou linéaire, mais autrement plus récompensant. On retrouve deux grands axes, l'un se concentre sur le Festival et l'autre sur la découverte du Japon. Le premier est donc classique puisqu'il reprend dans les grandes lignes ce que l'on connaît depuis toujours. On enchaîne les courses, on débloque une épreuve et ainsi de suite jusqu'au grand final. Ici la progression est marquée par l'obtention de bracelets, des titres qui nous permettent de déverrouiller toujours plus d'activités du Festival, des défis, des récompenses et en définitive le fameux endgame qui nous tarde de découvrir. Toute une île lui est dédiée et est d'ailleurs inaccessible tant que le niveau requis n'est pas atteint.

©Jeremy.H
De quoi rappeler les Gymkhanas de Ken Block ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

De l'autre côté, la découverte du Japon nous permet de remplir un carnet de voyage en participant à différentes activités bien plus typiques. C'est là que se trouve d'ailleurs toute l'essence du Japon qui manquera sans doute au Festival en lui-même. Course de rues sous les néons, drift dans les montagnes, shooting photo devant les temples… très clairement cette facette du jeu est la plus dépaysante. On appréciera d'autant plus l'intervention de nombreux personnages très bavards qui viennent de temps à autre nous faire participer à des missions quelque peu scénarisées ou nous apprendre un peu plus sur l'environnement qui nous entoure comme lors d'une visite guidée. Mais là où le bât blesse, c'est que les francophones que nous sommes resteront bien souvent sur la touche. Ça n'a échappé à personne, Forza Horizon 6 n'a pas eu le droit à sa VF, et il faudra se contenter de sous-titres chez nous. Ce sera rapidement un problème lorsqu'il faudra suivre des discussions en roulant à toute allure, d'autant qu'on n'est pas dans GTA, mais bien dans un jeu de course qui punit les erreurs. Ça enlève également pas mal à l'immersion puisque les joueurs peu à l'aise avec l'anglais ne pourront pas pleinement profiter des quelques blagues ici et là ou des annonces folles du Festival.

©Jeremy.H
Pas très sympa pour l'environnement, mais les sensations sont tellement grisantes ©Jeremy.H " KiKiToes" pour Gameblog

Forza Horizon 6 est clairement l'un des meilleurs jeux de sa catégorie, même si l'on a pas encore fini d'en faire le tour

Il nous reste encore pas mal de choses à découvrir sur Forza Horizon 6, mais une chose est sûre, c'est un excellent jeu et pas seulement pour les fans de la licence. Même pour un non initié qui ne connaît pas forcément les rouages du sport auto, c'est un régal de se balader au volant de superbes voitures fidèlement modélisées aux quatre coins d'un Japon certes fantasmé, mais retranscrit avec une certaine fidélité et un amour presque palpable. Un vrai shoot de d'adrénaline, un jeu à la fois accessible et aux sensations de conduite grisantes qui savent récompenser. Forza Horizon 6 est d'une générosité rare et vous tiendra en haleine de très nombreuses heures. À déguster seul, mais surtout entre amis et c'est justement ce que l'on compte faire avant de définitivement graver notre avis dans le bitume.